Alternative VMware : quel hyperviseur choisir pour votre DSI ?

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Laissez L'IA vous faire un résumé.

Même contrat, mêmes serveurs, même infrastructure. Et pourtant, la facture de renouvellement de l’hyperviseur passe de 4 000 € à 25 000 €.

Depuis le rachat de VMware par Broadcom en 2023, des milliers d’entreprises ont reçu ce genre de courrier. Selon le niveau de licence, le coût a été multiplié par 2 à 8. Pour les DSI de PME et d’ETI, la question n’est plus de savoir s’il faut chercher une alternative à VMware, mais comment migrer sans casser la production.

Pourquoi la facture VMware a explosé

Tout part d’un changement de modèle économique. Broadcom a resserré le catalogue VMware : plusieurs centaines de niveaux de licence, dont beaucoup taillés pour les PME et les ETI équipées de deux à une dizaine d’hyperviseurs, ont laissé place à quelques dizaines d’offres.

La licence est désormais facturée au cœur, avec un minimum de cœurs à souscrire. Les grands comptes payaient déjà de cette façon. Ce qui change pour les structures plus petites, c’est que le package de fonctionnalités des grands comptes est maintenant inclus dans leurs licences.

C’est là que ça coince. Ces fonctionnalités supplémentaires, la plupart des DSI de PME et d’ETI n’en ont aucun usage dans l’administration quotidienne de leur infrastructure. Elles les paient quand même.

Le cloud ne règle pas tout

On pourrait se dire que le sujet est dépassé, puisque beaucoup d’entreprises basculent vers le cloud. Dans les faits, de nombreux environnements métier dépendent encore d’une infrastructure locale. Une machine de découpe laser en tôlerie peut tourner sur un système d’exploitation que plus personne ne maintient, alors que la production repose dessus.

Résultat : les scénarios hybrides se multiplient. Une partie du SI part dans le cloud, la production reste sur des hyperviseurs locaux qu’il faut renouveler, maintenir sous support et faire évoluer. Avec la hausse des licences, ces derniers coûtent soudain beaucoup plus cher.

Faut-il vraiment quitter VMware ?

Premier cas de figure, le plus simple : votre parc tourne sous Microsoft Hyper-V et tout fonctionne. Ne changez rien. Hyper-V n’est pas concerné par ce changement tarifaire, il n’y a donc aucune urgence.

Pour les entreprises sous VMware, la réponse demande plus de recul. L’hyperviseur ne représente qu’une partie de la question. Autour de lui gravite tout un écosystème :

  • la sauvegarde, qui dialogue avec l’hyperviseur et la baie de stockage, pas directement avec les machines virtuelles ;
  • la continuité électrique, avec les onduleurs qui déclenchent l’extinction des VM en cas de coupure ;
  • la supervision, qui surveille l’environnement et agit parfois seule en cas de défaillance ;
  • l’automatisation et l’orchestration, quand elles existent.

Quitter VMware, c’est emmener tout ça avec soi. L’impact se mesure en euros, mais aussi sur le fonctionnement de toute la chaîne. Dans certains cas, partir coûte plus cher et s’avère plus complexe que de « remettre une pièce dans le juke-box ».

Il faut aussi garder en tête que VMware reste le leader technologique des hyperviseurs. Vingt ans d’expérience, un écosystème très ouvert aux produits tiers : certaines intégrations ne fonctionnent pas de la même manière ailleurs.

À l’inverse, une hausse supportée sur trois, quatre ou cinq ans pèse lourd. Changer d’hyperviseur a un coût, mais c’est aussi un investissement qui prépare le budget informatique des années suivantes. La bonne décision dépend des fonctionnalités réellement utilisées, pas d’un réflexe.

Quelle alternative à VMware : open source ou éditeur ?

Bonne nouvelle : il existe des alternatives technologiques solides. Elles se rangent en deux familles, les solutions open source et celles proposées par les éditeurs et constructeurs.

Proxmox

Proxmox existe depuis une quinzaine d’années et s’appuie sur KVM. L’éditeur distribue une appliance packagée sur Debian 12 : on télécharge l’ISO, on l’installe, on a un hyperviseur. Deux hôtes et un témoin (un QDevice, qui peut tourner sur une simple VM, un NAS ou une petite machine) suffisent pour assurer la haute disponibilité.

C’est un excellent choix pour une PME, une ETI ou un organisme public qui confie l’exploitation de son IT à un infogérant. Facile à administrer, facile à maintenir, et la conteneurisation est déjà intégrée.

XCP-ng

XCP-ng est issu de XenServer, autrefois développé par Citrix puis rendu open source. Vates a repris le développement sous ce nouveau nom (« ng » pour next generation).

Son gros avantage pour une équipe habituée à VMware : la logique d’administration est très proche. Des hôtes XCP-ng d’un côté, l’orchestrateur Xen Orchestra (XO) de l’autre, qui pilote l’ensemble à la manière de vCenter avec les ESXi.

Open source ne veut pas dire sans coût

La licence open source garantit un code libre : vous pouvez l’auditer, le modifier, le redistribuer, sans payer de droits d’usage. Proxmox comme XCP-ng peuvent être téléchargés et exploités gratuitement.

Une nuance pour XCP-ng. L’orchestrateur existe en version from sources, gratuite et complète, mais à compiler soi-même (ce qui est assez complexe). La version packagée, XOA, n’est pas open source et se souscrit sous licence, avec des fonctionnalités qui varient selon le niveau choisi. Sa facturation au socket plutôt qu’au cœur permet une bien meilleure maîtrise des prix.

Reste la maintenance. Mises à jour, correctifs de sécurité, support en cas de panne : les éditeurs open source ne proposent pas ce niveau de service. C’est le rôle de l’intégrateur ou de l’infogérant, et la plupart s’en sont saisis.

HPE VME, la migration sans rupture

HPE VME (VM Essentials), récemment arrivé sur le marché, repose lui aussi sur KVM. Sa force : il se positionne à côté de VMware. Son orchestrateur pilote à la fois l’ancien et le nouvel environnement, ce qui permet de migrer les VM petit à petit, au rythme que vous décidez. Il faut payer une année de VMware supplémentaire, mais la production ne s’arrête jamais.

Quand l’écosystème est trop lourd à basculer vers l’open source d’un coup, c’est l’option la plus sereine. Elle prend tout son sens dans les secteurs où les fenêtres de maintenance sont dictées par le métier, pas par l’IT :

  • l’industrie, où la production dépend directement de l’informatique ;
  • la santé, notamment l’imagerie, où IRM, scanners et radios déposent en continu leurs images sur le stockage ;
  • l’agroalimentaire, avec des sondes de traçabilité informatisées à maintenir en haute disponibilité ;
  • le transport, dont les outils doivent rester disponibles en permanence.

Migrer vers une alternative VMware sans repartir de zéro

Premier frein à lever : vous n’êtes pas face à un mur. Hyper-V, HPE VME, Proxmox et XCP-ng intègrent tous un processus de conversion depuis VMware. Inutile de reconstruire l’infrastructure, de réinstaller l’ERP ou de réimporter les bases de données.

Côté sauvegarde, les choses ont bougé vite. Veeam, l’éditeur de référence sur ce terrain, sait désormais dialoguer avec Proxmox, XCP-ng et HPE VME, et avec Hyper-V depuis longtemps. Le niveau d’intégration n’est pas encore partout le même, mais il progresse.

La méthode, elle, repose sur une analyse fine de votre environnement :

  1. Mesurer ce que consomme chaque machine virtuelle (stockage, RAM, processeur) et la durée pendant laquelle le métier peut s’en passer.
  2. Planifier les fenêtres de migration. Des scénarios incrémentaux existent : pré-réplication, puis réplication du seul delta, puis bascule.
  3. Tester et maquetter les VM sensibles. Une VM Linux redémarre facilement de l’autre côté ; une VM sous un Windows ancien demande plus de précautions.
  4. Cartographier les dépendances entre VM. Un ERP, c’est souvent une base de données, un moteur applicatif, du stockage de fichiers et des API. Migrer brique par brique ou tout d’un bloc ? La réponse dépend de ces liens.

Le bon moment pour revoir l’architecture

Tout l’historique que vous emmenez consomme du calcul, de la mémoire et du stockage. Avant de choisir un hyperviseur, posez-vous les bonnes questions. Votre stockage arrive-t-il en fin de garantie ? Faut-il le remplacer à l’identique ou passer à de l’hyperconvergé ? Certains services, l’ERP par exemple, gagneraient-ils à passer en cloud ou en SaaS ?

Ces questions précèdent souvent celle de l’hyperviseur. Selon les réponses, il ne reste parfois que quelques machines virtuelles à migrer, qui tourneront très bien sur un seul hôte. Et toute la méthode en est changée.

L’IA, alliée de la migration… à condition de garder la main

L’IA et les hyperviseurs se parlent déjà, dans les deux sens. Des agents comme Claude Code ou Codex savent installer, administrer et produire du reporting sur un Proxmox ou un XCP-ng. À l’inverse, vos hyperviseurs peuvent héberger vos LLM internes, souvent conteneurisés : Proxmox intègre justement un système de conteneurisation.

L’IA peut aussi accompagner la migration elle-même, de l’inventaire à la collecte des données avant et après bascule.

Il faut le faire, mais il faut le faire bien. Les scénarios possibles sont si nombreux que le risque de perdre la maîtrise est réel : ne plus comprendre ce que l’IA fait de votre infrastructure, ouvrir des failles sans le voir. Quand cette infrastructure fait tourner la production, l’ERP ou des équipements de santé, mieux vaut se faire accompagner par quelqu’un qui sait le faire.

Quel hyperviseur pour quelle situation ?

 

Pas de réponse universelle, mais des repères clairs pour se positionner :

  • Vous êtes sous Hyper-V et tout fonctionne : ne changez rien.
  • Vous quittez VMware et voulez retrouver une administration familière : XCP-ng, qui lui ressemble beaucoup.
  • Vous voulez une solution plus autonome, ouverte à la conteneurisation : Proxmox fera très bien l’affaire.
  • Vous ne pouvez pas vous permettre de rupture : HPE VME, qui pilotera votre migration sur la durée.
 

Quelle que soit la piste retenue, éditeur ou open source, les experts d’OCI savent intégrer ces solutions, les maintenir, les faire évoluer et les auditer sous l’angle cybersécurité. Et pour celles et ceux qui envisagent de sortir complètement de l’infrastructure locale, un prochain épisode de L’Humain au cœur du Digital sera consacré aux alternatives cloud.

FAQ

Quelle est la meilleure alternative à VMware ?

Il n’y en a pas une seule. XCP-ng convient aux équipes qui veulent retrouver une administration proche de VMware, Proxmox à celles qui cherchent une solution autonome et ouverte à la conteneurisation. HPE VME est le choix le plus sûr quand la production ne peut pas s’arrêter. Le bon choix dépend de votre écosystème (sauvegarde, supervision, onduleurs) et de vos contraintes métier.

Depuis le rachat de VMware par Broadcom en 2023, la licence est facturée au cœur avec un minimum à souscrire, et le catalogue a été fortement réduit. Les PME et les ETI paient désormais des fonctionnalités pensées pour les grands comptes. Selon le niveau de licence, la facture a été multipliée par 2 à 8.

Oui, Proxmox est open source sous licence GPL : vous pouvez le télécharger et l’exploiter sans payer de droits d’usage. En revanche, l’éditeur ne fournit pas de maintenance. Mises à jour, correctifs de sécurité et support en cas de panne reviennent à votre intégrateur ou à votre infogérant.

Oui. HPE VME cohabite avec VMware et permet de migrer les machines virtuelles une par une, pendant les fenêtres de maintenance du métier. Avec Proxmox ou XCP-ng, des scénarios incrémentaux (pré-réplication, réplication du delta, puis bascule) limitent l’interruption de service.

C’est un point à vérifier en priorité, car la sauvegarde dialogue avec l’hyperviseur. Veeam prend désormais en charge Proxmox, XCP-ng et HPE VME, en plus d’Hyper-V. Le niveau d’intégration varie encore d’une solution à l’autre.

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